FESTIVAL DJANGO REINHARDT

Dans le cadre (magnifique) du Parc du Château de Fontainebleau, on renoue avec une dynamique prometteuse, autour d’un jazz populaire, et une proposition entrainante et festive. Une bouffée d’énergie artistique dans un environnement naturel et salutaire, à une heure de Paris. Un beau départ pour les vacances estivales… 

PAR FRANCISCO CRUZ

DU SOLEIL DANS LES OREILLES

Première étape d’un voyage qui mettra plus souvent cap au sud, sur la route des festivals, le rendez-vous du « Django » de Fontainebleau (assez différent de l’ancien festival à Samois, à quelques kilomètres de là) s’articule sur la force d’attraction de quelques noms reconnus, des artistes américains qui jouissent d’une popularité importante auprès du public français. Des musiciens et chanteurs qui ont déjà connu des moments heureux, d’ovations et d’émotions, lors de précédentes éditions de ce même festival.

A commencer par le pianiste cubain Roberto Fonseca, le clavier de La Havane le mieux accueilli en France , plébiscité par un large auditoire, bien au-delà du seul monde du jazz. L’ancien clavier de Buena Vista Social Club a intelligemment réussi le pari de réunir jazz et musique populaire cubaine, sans renier son exigence formelle, mais en l’habillant de fulgurances spectaculaires assumées, sans complexe. Notamment, dans ces derniers projets, orientés davantage sur la mémoire collective et le souvenir d’une époque glorieuse pour la musique cubaine (il y a presque un siècle) que Fonseca lui-même n’a pas connu directement, sauf à travers les récits des anciens musiciens qu’il à côtoyé. En deux soirées (23-24), il présente son ultime projet « La Gran Diversion » et une rencontre inédite avec le chanteur colombien Yuri Buenaventura.

Après un inoubliable duo avec Fonseca et une autre collaboration qui a connu un immense succès avec le chanteur pop -M-, la chanteuse malienne Fatoumata Diawara revient aussi à Fontainebleau (24) avec un dernier projet personnel, prélude à un prochain album produit à Londres par Damon Albarn.

Pour sa part, le bassiste israélien Avishai Cohen (23) est depuis vingt ans un invité incontournable des festivals de jazz en France. Chacun de ses projets est une expérience artistique qui ne laisse personne indifférent, stimulant le débat entre amateurs et détracteurs de son approche de la musique improvisée. Se rappelant qu’avant son succès européen, il s’était installé à New York pour connaître de près les fondements du latin jazz, Cohen fait une boucle de trente ans en arrière et revient à ses amours musicaux du passé. Mettant sur pied, à sa façon, un jouissif cannevas latino.

Une autre valeur sûr, côté billetterie, est le soul-jazzman Gregory Porter (22), porteur lui aussi du patrimoine afro-américain dans ses expressions vocales les plus populaires. Le charisme et la qualité d’interprétation de Porter lui ont permis de se faire une place de choix dans le goût des amateurs français et cela est confirmé par des concerts à guichets fermés depuis des années.

Sans parler du retour toujours très attendu de la chanteuse Dee Dee Bridgewater (25), devenue durant de longues années la jazzsinger la plus populaire de l’Hexagone, ravivant le souvenir des plus grandes interprètes féminines du jazz songbook. Si sa présence en France s’est espacée dans le temps depuis son retour aux Etats-Unis, chacune de ses dernières apparitions est un événement qui mobilise un très large public désireux de renouer avec des moments heureux. Avec « We Love Ella » Dee Dee Bridgewater est dans l’évocation d’Ella Fitzgerald.

Moins connu, mais instrumentiste virtuose et performer spectaculaire, le mandoliniste brésilien Hamilton de Holande est l’un des musiciens le plus talentueux d’une génération qui prend la relève des anciennes étoiles tropicalistes. Rénovateur de la tradition, du choro au samba, il se tourne désormais vers le riche répertoire de la bossa nova, la musique brésilienne la plus connue au niveau planétaire. Pour son dernier projet, c’est la musique d’Antonio Carlos Jobim qu’il aborde avec aisance et élégance (25).

Parmi les musiciens à découvrir, on suggère aussi le trompettiste Ludovic Louis (entendu aux côtés de Lenny Kravitz, Kanye West ou The Black Eyed Peas), ainsi que le violoniste tzigane Roby Lakatos, figure majeure du jazz hongrois.

FESTIVAL DJANGO REINHARDT, DU 22 AU 25 JUIN, A FONTAINEBLEAU