ERROLL GARNER «NIGHTCONCERT»

PAR ROMAIN GROSMAN

C’était mieux avant… Ce 7 novembre 1964, Erroll Garner se produit à Amsterdam, en trio (avec Eddie Calhoun à la basse, Kelly Martin à la batterie) dans l’une des plus belles salles de concert néo-classiques au monde. L’acoustique est parfaite, cristalline, et cet enregistrement d’une limpidité absolue en témoigne. « Je commençais toujours mes prestations dans la peau d’un étranger qui doit conquérir son auditoire, pour finir la soirée antre amis ». Au fil de ces seize standards, ébouriffant de créativité, le pianiste enchante : son jeu ludique, pétillant, est d’une subtilité constante, qui passe de la plus innocente allégresse, à des contrepoints où le recueillement et l’introspectif restent pudiques et délicats. La virtuosité au service de l’émotion, n’est jamais ostentatoire, toujours élégante. Même dans ses accents rococo ou romantiques, la surprise et l’inattendu pointent le bout de leur nez. Et l’on ne peut s’empêcher de mesurer, en exhumant de telles perles inédites, à l’aune des comparaisons, combien l’expression musicale s’est appauvrie, délitée, en un demi-siècle…

ERROLL GARNER

Nightconcert

(Octave Music/Mack Avenue)

JAZZ