JAZZ A JUAN

En cette année olympique, marquée par l’actualité politique que l’on sait, les festivals s’accrochent. Certains jouent le recentrage, une logique de « marché », en sacrifiant leur ligne éditoriale aux sirènes d’affiches commerciales qui brouillent totalement leur image. D’autres tiennent le cap en restant fidèle à leur histoire, aux exigences qui ont fait leur réputation (et leur succès). Jazz à Juan a choisi des artistes qui répondent à une certaine exigence artistique, dans le monde du jazz et (juste) aux alentours. 

PAR ROMAIN GROSMAN

                LE PLEIN DE BONNES VIBRATIONS

Dans les années 90, l’apparition de nombreux talents avait fait souffler le vent d’un vrai renouveau sur la scène jazz. Le pianiste Brad Mehldau a pris une place singulière dans cette nouvelle vague, avec son style lyrique, intimiste, poétique. Le retrouver en « sideman » de luxe au cœur d’un quartet mené par le saxophoniste Chris Potter, l’un des meilleurs de la scène jazz actuelle, avec John Pattitucci (contrebasse), et Jonathan Blake (qui remplace Brian Blade sur cette tournée), est un événement.

Joshua Redman était aussi de cette bande qui annonçait la relève du jazz – avec Christian Mc Bride, avec le regretté Roy Hargrove… -, le retrouver sur la scène de La Pinède en tête d’affiche, dit tout du chemin parcouru par cette génération.

Jazz à Juan n’oublie pas ses grandes soirées plus « mainstream », avec les hits du groupe Toto, ceux de Kool & The Gang, la chanteuse Selah Sue.

La voix et le charisme du grand Youssou N’Dour, les nouvelles terreurs du jazz cubains d’El Comité, la présence de la chanteuse Dominique Fils-Aimé, l’univers musical et visuel original du trompettiste Erik Truffaz au service du cinéma et de ses grands thèmes : les soirées se suivent et ne se ressemblent pas.

Le contrebassiste Avishai Cohen, dont les projets se renouvellent constamment, se consacre ici à la musique afro caribéenne avec le renfort de quelques « pointures » du genre. Comme souvent le concernant, l’art de bien s’entourer est toujours au rendez-vous : on se souvient des Mark Giuliana et autre Shai Maestro révélés dans ses premiers groupes.

Enfin, ne pas rater le grand Marcus Miller. Longtemps au service des plus grands, comme bassiste, producteur, il est depuis le nouveau siècle une des dernières stars du jazz moderne. L’étendue de ses collaborations, la liste des albums mythiques auxquels il a contribué :  Marcus Miller est un leader à part entière, adopté par le grand public, autant pour ses rythmes funk et fusion, que pour la sympathie qu’il distille sur les scènes françaises depuis longtemps.

JAZZ A JUAN, PINEDE GOULD (JUAN LES PINS)

8/7 : MANU KATCHE, TOTO

9/7 : LAUFEY, DOMINIQUE FILS-AIMÉ, SELAH SUE

10/7 : TIKEN JAH FAKOLY, YOUSSOU N’DOUR

11/7 : EL COMITE, AVISHAI COHEN « BANDA IROKO » 

12/7 : ADI OASIS, PINK MARTINI

13/7 : BELMONDO DEADJAZZ, POTTER/MEHLDAU/PATTITUCCI/BLAKE

14/7 : SAKI OZAWA, LI XIAOCHUAN, POETIC WAYS

15/7 : ERIK TRUFFAZ, SOFIANE PAMART

16/7 : SCARY POCKETS, KOOL & THE GANG

17/7 : JOSHUA REDMAN Feat. GABRIELLE CAVASSA, MARCUS MILLER

18/7 : JIMETTA ROSE & THE VOICIES OF CREATION

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